ÉLECTION À LA FIF : YACINE IDRISS DIALLO SEUL EN LICE, UN MIROIR POUR LES DÉBATS SUR L’ELECTION À LA FEGAFOOT ?

Le scénario se précise à la Fédération Ivoirienne de Football (FIF). Le président sortant, Yacine Idriss Diallo, a officiellement déposé sa candidature pour un second mandat ce lundi 10 août 2026 à 14 heures, au siège de la FIF à Treichville, soit quelques heures seulement avant la clôture officielle fixée à 16 heures. Ce dépôt de dernière minute fait de lui, sous réserve de la validation définitive par la Commission électorale, l’unique candidat au scrutin prévu le 12 septembre 2026 à Yamoussoukro. Une situation qui rappelle celle vécue il y a quelques mois au Gabon.

Dans une élection fédérale, le parrainage n’est pas un simple détail administratif. Il traduit la capacité d’un candidat à rassembler autour de son nom, les acteurs majeurs appelés à participer au scrutin. Dans le cas de Yacine Idriss Diallo, les délégués ont fait un choix clair : lui accorder les parrainages nécessaires pour lui permettre de défendre son bilan et de solliciter un nouveau mandat.

Les candidatures un temps annoncées de Souleymane Cissé (président du Racing Club d’Abidjan), de l’ancien international Marc Zoro ou encore d’Ibrahim Diallo (maire de Djékanou) n’ont finalement pas été enregistrées dans les délais impartis. Dès lors, les textes s’appliquent et le président sortant se retrouve seul candidat à sa propre succession. Il ne s’agit donc pas d’une élection « verrouillée », mais d’une configuration politique résultant du jeu des parrainages et du choix des électeurs fédéraux en amont du scrutin.

Candidat unique : une norme institutionnelle à la CAF, à l’UEFA et à la FIFA

Cette situation mérite d’autant plus d’être analysée qu’elle n’est ni une particularité ivoirienne, ni une invention de la FIF. Dans le football international, il est tout à fait classique qu’une élection débouche sur une candidature unique lorsque le leader en place obtient les soutiens nécessaires et qu’aucun autre prétendant ne parvient à réunir les conditions requises. Les élections à la FIFA, à l’UEFA et la CAF ont fréquemment recours à des candidatures uniques, où les présidents en place comme Gianni Infantino à la FIFA (2019, 2023), Aleksander Čeferin à l’UEFA (2019, 2023) et Patrice Motsepe à la CAF (2021) sont élus par acclamation.

Ainsi, à la CAF, à l’UEFA comme à la FIFA, ces scrutins ont été marqués par des candidatures uniques. Le principe est simple : si les règles prévoient des parrainages et que ceux-ci sont accordés par les délégués, pourquoi le candidat qui les obtient devrait-il voir sa légitimité contestée sous prétexte qu’il est seul en lice ? La question mérite d’être posée, notamment lorsqu’on observe certaines réactions critiques autour des élections au sein des fédérations nationales africaines.

Pourquoi le même scénario fait-il grincer des dents lorsqu’il s’agit de la FEGAFOOT ?

C’est précisément là que le débat devient intéressant. Si le candidat unique est une configuration admise dans le fonctionnement des instances faîtières du football africain et mondial, pourquoi cette même logique est-elle perçue différemment lorsqu’elle concerne la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT) ?
Il y a quelques mois, en effet, la candidature unique de Pierre Alain Mounguengui à la tête de la FEGAFOOT avait été qualifiée d’antidémocratique par certains observateurs gabonais, pour le seul motif qu’il n’y avait pas d’adversaire.

Aujourd’hui, cette configuration identique dans une autre fédération majeure d’Afrique ouvre à nouveau le débat et invite à une analyse plus approfondie.

L’objectif n’est pas de défendre le principe d’une candidature unique à tout prix. Il s’agit plutôt de savoir si les mêmes standards doivent s’appliquer à toutes les fédérations. Un candidat qui obtient les parrainages prévus par les textes doit-il être considéré comme moins légitime simplement parce qu’il n’a pas de concurrent ? Ou faut-il, au contraire, considérer que le véritable verdict appartient aux délégués qui ont choisi de lui accorder leur confiance dès l’étape des parrainages ? Le débat autour de la FEGAFOOT gagnerait ainsi à être replacé dans une perspective plus large : celle de la gouvernance du football africain et des mécanismes électoraux prévus par les statuts.

Le scrutin à candidature unique : de l’élection à la confirmation

Si la Commission électorale valide définitivement sa candidature unique, le scrutin de Yamoussoukro prendra une dimension particulière. Les délégués ne seront plus appelés à arbitrer entre plusieurs prétendants, mais à confirmer ou non la confiance déjà exprimée à travers leurs parrainages. C’est là toute la subtilité du processus. Le véritable enjeu ne sera pas de connaître le vainqueur, mais de savoir ce que le président reconduit fera de cette confiance renouvelée.

Cette situation renvoie directement au cas de la FEGAFOOT. Si le candidat unique est une réalité acceptée dans les mécanismes électoraux du football international, si les parrainages constituent l’expression préalable de la confiance des délégués et si les textes encadrent rigoureusement cette procédure, pourquoi faudrait-il voir dans la candidature unique un problème démocratique lorsqu’elle se produit au Gabon ?

La vraie question n’est peut-être pas : « Pourquoi n’y a-t-il qu’un seul candidat ? » mais plutôt : « Les règles ont-elles été respectées et les délégués ont-ils librement exprimé leur choix ? ». Si la réponse est affirmative, alors le débat devrait porter moins sur l’absence d’opposition que sur le bilan, le projet et les résultats attendus au terme du nouveau mandat.

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