CLAUDE MICHEL ADOSSOU TCHISSAMBO : « LES JEUNES SONT UN VERITABLE RESERVOIR SUR LEQUEL L’ACTIVITE ECONOMIQUE DU PAYS S’APPUIE »

Dans un entretien accordé à notre rédaction, le Président de la Ligue de Basketball de l’Estuaire, Claude Michel Adossou Tchissambo revient sur la saison sportive 2024-2025. Ce sera également l’occasion pour lui, de porter un regard général sur le Basketball gabonais.

LE-SPORTGENTILLAIS : Bonjour Président. Après la récente cérémonie de remise des trophées de la Ligue de l’Estuaire, quel bilan pouvez-vous tirer de cette saison qui vient de s’achever ?

CLAUDE MICHEL ADOSSOU TCHISSAMBO : Un bilan satisfaisant dans l’ensemble. Nous avons tenu notre calendrier, avons été honoré par l’enregistrement de nouveaux membres en terme d’affiliation et pas des moindres (la GR, le CEDOC etc.). Nous en attendons d’autres du même calibre, la saison prochaine. Dans le même élan, le Comité National Olympique nous a fait confiance en nous confiant la gestion d’un tournoi 3X3 au mois de mars 2025. Il en a été de même pour la Présidence la République qui a appelé notre expertise dans le cadre du tournoi Jet Sports section Basketball. Et pour couronner le tout, j’ai été honoré en ma qualité de Président de la LIBABE avec un collège de coach de la ligue, de participer, à côté du Président de la République, à l’inauguration du Plateau Sportif de Nzeng-Ayong.

Cet intérêt pour la Ligue de Basketball de l’Estuaire (LIBABE) a eu pour conséquence immédiate, de rehausser notre image de marque et de réaffirmer notre rôle de réfèrent N°1 du Basketball dans la province de l’Estuaire.  L’impact s’est également fait ressentir sur l’accroissement du nombre de nos licenciés, ce qui constitue un de nos objectifs principaux. Nous avons travaillé tout au long de cette saison à réduire les poches de tension entre la ligue et les clubs, toute chose qui a contribué à ramener de la sérénité et l’attractivité, nécessaire pour aller désormais conquérir des sponsors.

L-SP : Avez-vous rencontré des difficultés particulières au cours de celle-ci?

CMOT : Il n’y a aucune œuvre humaine que vous fassiez sans rencontrer des difficultés. Donc oui, nous avons rencontré des difficultés au cours de cette saison. Le sport c’est la passion et lorsqu’il y a de la passion quelque part, les émotions sont également au rendez-vous. Donc, il nous a fallu gérer les susceptibilités des uns et des autres en bon ‘‘père de famille’’. Quelques cas de violence physiques et verbale ont été enregistrées par moment mais ces cas n’ont pas manqué d’être sanctionnés et proscrits par le Bureau de la ligue.

Sur un plan purement fonctionnel, les difficultés ont été d’ordre financière principalement. Comme vous le savez, la ligue vit des cotisations de ses membres et lorsque que ces derniers ne sont pas au rendez-vous, vous pouvez imaginer la suite. Par ailleurs nous reconnaissons que nous avons eu des difficultés au niveau de la communication au début du championnat. Je dois avouer que la ligue avait du mal non seulement à publier les résultats des matchs mais également à promouvoir les temps-forts des matchs et de mettre en exergue les joueurs et encadreurs méritants.

L-SP : Quelles sont les perspectives pour la saison prochaine ?

CMOT : Pour l’année prochaine, nous avons à cœur de toiletter les textes de la LIBABE de façon à les rendre standards et consensuels. Comme je le dis souvent, nous ne réinventons pas la roue, avant nous le basket se jouait au Gabon et il se jouera toujours après nous. Par ailleurs, nous mettrons aussi l’accent sur le fichier des équipes engagées de façon à pouvoir fixer et retracer le parcours d’un joueur à travers sa licence, cela afin d’éviter le phénomène de joueur volatil. Un accent sera également mis sur le contrôle des âges et le respect des catégories. D’autre part, nous entendons mettre la LIBABE sous le sceau de la ‘‘violence zéro’’. Aucune forme de violence ne sera plus tolérée dans nos compétitions.

Nous espérons aussi étendre nos activités sur les autres localités de l’Estuaire (Ntoum, Cocobeach, Kango). Pour que nos compétitions soient relevées, il nous faudra des moyens. Ces moyens, il faut aller les chercher. Nous allons donc mettre l’accent sur cet axe pour trouver quelques sponsors à cette ligue qui pourrait être une excellente vitrine pour les entreprises installées à l’Estuaire, dans le Gabon et même ailleurs.

L-SP : Quel regard portez-vous aujourd’hui sur le niveau du Basketball gabonais en général, des petites catégories à l’élite ?

CMOT : Sans langue de bois, le niveau du basketball gabonais a beaucoup reculé ces dernières années. Les talents ne manquent pas chez nous, mais leur détection, leur formation, leur suivi et les structures pour les encadrer nous font cruellement défaut. Il nous faudra à l’instar des autres nations, recommencer à la base et suivre les groupes de jeunes par catégories, année après année à travers un programme national bien structuré avec un financement concret et un staff d’encadreurs qualifiés.

L-SP : D’après-vous, que manque-t-il au Gabon pour rattraper le niveau des grandes nations africaines ?

CMOT : Il faut revaloriser le sport au plus haut niveau de l‘Etat. Le sport ne doit plus être perçu uniquement au sens des loisirs ou des compétitions. Il nous faut le considérer comme un vrai modèle business rentable à la fois pour le pays et pour les pratiquants.

L-SP : Votre mot de la fin ?

CMOT : Merci à votre journal pour l’intérêt que vous accordez à la LIBABE à travers cette interview. Merci également à tous les partenaires de la LIBABE qui ont concouru à la bonne marche de notre ligue. Une mention spéciale au Président de la République pour avoir pensé à sa jeunesse à travers le tournoi Jet Sports, les jeunes ont été occupés sainement durant ces vacances et c’est essentiellement ce dont ils ont besoin pour ne pas chavirer dans les fléaux que nous connaissons.

La jeunesse est sacrée disait le défunt Président Omar Bongo. De mon point de vue, il y a plusieurs façons d’aider son pays et l’action gouvernementale. L’une d’elle est d’aider à encadrer la jeunesse à travers des petites structures associatives comme les ligues de sports. En s’y investissant, on aide le Président et son gouvernement car les jeunes sont un véritable réservoir sur lequel l’activité économique du pays s’appuie.

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